C’est l’une des phrases entendues hier lors de la rencontre – goûter organisée par Deûl’air au Centre social des Bois Blancs. Trois heures de témoignages de la difficulté de vivre dans ces appartements des Aviateurs. Trois heures de « table ronde » pour parler de relogement avec quelques-uns des relogés qui n’oublient pas les Bois Blancs et qui sont venus parler de leur expérience, du combat qui fut le leur pour obtenir un nouveau logement correct, pour obtenir que l’on écoute leurs demandes. Elles ont aussi évoqué le soutien que leur ont apporté les permanences du jeudi, l’importance du groupe qui leur a donné ou redonné confiance.





Trois heures à parler des problèmes de celles et ceux qui sont encore locataires des Aviateurs, des chaudières mal entretenues, du chauffage qui n’atteint pas les 16°, radiateurs à fond. Elles ont parlé des murs qui suintent l’humidité des moisissures qui s’installent malgré le nettoyage et tous les produits que l’on a essayé, elles ont parlé aussi des factures, de ces prélèvements sans prévenir sur un compte bancaire peu fourni. Elles ont parlé des enfants malades, de l’asthme de certains. Elles ont parlé aussi d’espoir, de pétition, des futures rencontres avec Vilogia. « Elles » ont parlé parce que les Aviateurs sont surtout des Aviatrices, et elles ont pris la parole, devant du monde, intimidés pour certaines mais contentes de dire ce qu’elles avaient sur le cœur, contentes d’être, pour une fois, écoutées.
et elles ont écouté aussi, lorsque ce jeune Guinéen, venu témoigner de la situation des mineurs exilés qui vivent sous des tentes sur le terrain des Vachers, à deux pas des Aviateurs, a expliqué sa détresse et son incompréhension. Il a expliqué la responsabilité de la France dans son exil. Échange émouvant et naturel entre « mal-logés » et « pas logés du tout » qui se découvraient beaucoup de points communs.
Philippe terminait la réunion en expliquant l’opposition de Deûl’air aux destructions d’immeubles et son soutien à la construction de logements à loyer abordables.. La tâche lui avait été facilitée : qui, devant les jeunes exilés aurait pu soutenir le contraire ? Qui devant ces habitants qui aiment leur quartier et souhaitent y rester ?
Mixité sociale ?
En écoutant les participants, on ne pouvait que penser à ces institutions, à ces élus « MEL, Mairie de Lille, ANRU*, bailleurs sociaux » qui nous promettent sur papier glacé « plus de mixité sociale grâce aux démolitions/reconstructions ». On éprouvait une vive envie de leur dire : « Louez-nous des logements corrects, la mixité sociale on s’en charge, elle existe et nous voulons la préserver ! »
On notait la présence dans l’assistance de M. Vicot, député Nouveau Front Populaire, de la circonscription, d’une représentante de la Ligue des Droits de l’Homme de Lille, d’un membre de l’Union Départementale CGT, d’habitants de l’Epeule (Roubaix) qui luttent contre la démolition de leurs courées
*Agence Nationale de Rénovation Urbaine
En savoir plus sur Deûl'Air !
Abonnez-vous pour recevoir les derniers articles par e-mail.

Laisser un commentaire