Une histoire sordide qui se répète

En avril 2023, la Voix du Nord avait publié un article « Aux Aviateurs, les habitants vivaient à côté d’une mare d’excréments », la même situation s’est reproduite entre le 11 et le 18 décembre, dans une autre entrée. Nous sommes intervenus auprès de la directrice de Vilogia car la locataire avait eu la réponse suivante des services de Vilogia : « Nous allons nettoyer demain matin et intervenir dans l’appartement en début de semaine prochaine. » Nous avons demandé une intervention immédiate avant le week-end.
Cette intervention a eu lieu dès le vendredi et la réponse de la Directrice de l’agence lilloise de Vilogia nous assurait de la fin de l’incident. Malheureusement, le dimanche, les écoulements avaient repris dans la cage d’escalier. Nous avons informé Vilogia dès lundi et pris contact avec la presse mardi. Nous avions choisi de laisser du temps au bailleur pour intervenir.
Une nouvelle intervention a été effectuée mercredi 18, avec succès cette fois, mais une semaine après la première alerte.
Un article paru dans la Voix du Nord ce vendredi 20 décembre décrit le problème et les retards. « La réactivité a clairement été insuffisante, » admet le bailleur, mais il impute le problème à un « bloc WC, » alors que les canalisations sont, en fait, obstruées par le calcaire. Vilogia « annonce qu’il va refaire une campagne de sensibilisation sur le bon usage des canalisations d’évacuation » ! Comme toujours, Vilogia rejette les responsabilités sur les locataires et esquive les siennes. Nous le réaffirmons, c’est le manque d’entretien, depuis plusieurs années, qui est à l’origine de conditions de vie dégradées pour les locataires (manque de chauffage, escaliers abîmés, moisissures, etc.). C’est le sens de notre action récente pour obtenir une compensation financière pour TOUS les locataires des Aviateurs.

CONDITION DE LOCATION DEGRADEES ? LOYERS DIMINUES !!

Une vidéo qui permet de mieux comprendre…

« Mes murs pleurent d’humidité »

C’est l’une des phrases entendues hier lors de la rencontre – goûter organisée par Deûl’air au Centre social des Bois Blancs. Trois heures de témoignages de la difficulté de vivre dans ces appartements des Aviateurs. Trois heures de « table ronde » pour parler de relogement avec quelques-uns des relogés qui n’oublient pas les Bois Blancs et qui sont venus parler de leur expérience, du combat qui fut le leur pour obtenir un nouveau logement correct, pour obtenir que l’on écoute leurs demandes. Elles ont aussi évoqué le soutien que leur ont apporté les permanences du jeudi, l’importance du groupe qui leur a donné ou redonné confiance.

Trois heures à parler des problèmes de celles et ceux qui sont encore locataires des Aviateurs, des chaudières mal entretenues, du chauffage qui n’atteint pas les 16°, radiateurs à fond. Elles ont parlé des murs qui suintent l’humidité des moisissures qui s’installent malgré le nettoyage et tous les produits que l’on a essayé, elles ont parlé aussi des factures, de ces prélèvements sans prévenir sur un compte bancaire peu fourni. Elles ont parlé des enfants malades, de l’asthme de certains. Elles ont parlé aussi d’espoir, de pétition, des futures rencontres avec Vilogia. « Elles » ont parlé parce que les Aviateurs sont surtout des Aviatrices, et elles ont pris la parole, devant du monde, intimidés pour certaines mais contentes de dire ce qu’elles avaient sur le cœur, contentes d’être, pour une fois, écoutées.

et elles ont écouté aussi, lorsque ce jeune Guinéen, venu témoigner de la situation des mineurs exilés qui vivent sous des tentes sur le terrain des Vachers, à deux pas des Aviateurs, a expliqué sa détresse et son incompréhension. Il a expliqué la responsabilité de la France dans son exil. Échange émouvant et naturel entre « mal-logés » et « pas logés du tout » qui se découvraient beaucoup de points communs.

Philippe terminait la réunion en expliquant l’opposition de Deûl’air aux destructions d’immeubles et son soutien à la construction de logements à loyer abordables.. La tâche lui avait été facilitée : qui, devant les jeunes exilés aurait pu soutenir le contraire ? Qui devant ces habitants qui aiment leur quartier et souhaitent y rester ?

Mixité sociale ?

En écoutant les participants, on ne pouvait que penser à ces institutions, à ces élus « MEL, Mairie de Lille, ANRU*, bailleurs sociaux » qui nous promettent sur papier glacé « plus de mixité sociale grâce aux démolitions/reconstructions ». On éprouvait une vive envie de leur dire : « Louez-nous des logements corrects, la mixité sociale on s’en charge, elle existe et nous voulons la préserver ! »

On notait la présence dans l’assistance de M. Vicot, député Nouveau Front Populaire, de la circonscription, d’une représentante de la Ligue des Droits de l’Homme de Lille, d’un membre de l’Union Départementale CGT, d’habitants de l’Epeule (Roubaix) qui luttent contre la démolition de leurs courées

*Agence Nationale de Rénovation Urbaine

Rencontre – Goûter 11 novembre

LUNDI 11 NOVEMBRE de 15 à 18h

RENCONTRE GOÛTER au CENTRE SOCIAL DES BOIS BLANCS

En gros, c’est un goûter-rencontre comme Deûl’air  en fait régulièrement.
Cette fois-ci, on commence par des extraits du documentaire « Derrière les arbres‌ » (documentaire de Marc Duport et Christophe Giffard) suivis d’une table ronde avec des « relogé.e.s »
Ensuite, nous présentons les premiers résultats de notre action sur le chauffage
Pour terminer on explique pourquoi nous voulons empêcher la démolition des Aviateurs et pourquoi depuis deux ans nous tenons  chaque jeudi soir une permanence pour défendre les droits des locataires des AVIATEURS Tout cela, avec un goûter (on peut apporter un gâteau), et… avec votre participation !

Chauffage défaillant…

humidité, moisissures, le quotidien des locataires des Aviateurs

Nous avons fait un porte à porte et rencontré environ un tiers des locataires en une dizaine de jours, voici ce qu’ils nous ont montré. Pire, certains nous ont montré leurs factures mensuelles. 400 € de gaz et électricité pour l’une d’entre elles, souvent plus de 250€ pour les autres, des factures de régularisations pouvant atteindre 650 et jusqu’à 900€, pour des températures ne dépassant souvent pas les 16°. Certains locataires n’osent plus chauffer du tout par peur des factures et « parce que ça ne sert à rien de chauffer la rue ! »

Alertés par Deûl’air, Vilogia admet le problème et promet des mesures prochaines. Nous suivons avec attention et chaque jeudi, nous continuons de tenir nos permanences hebdomadaires, même pendant les vacances scolaires.

LOGEMENTS SOCIAUX à Lille ? De quoi parlons-nous ?

2 chiffres à retenir qui poussent à réfléchir à la politique réelle du logement social (malgré les discours) actuellement menée à Lille/Hellemmes/Lomme : 82% et 17%.

Alors que 82% des demandes de logements sociaux correspondaient à des PLA-I entre 2017-2021, seuls 17% des logements livrés concernaient cette catégorie de logements accessibles à ceux qui ont les ressources les plus faibles !

N’oublions pas que le terme « logement social » recouvre de grandes disparités (par exemple, le plafond de ressources pour les PLI de l’agglomération lilloise est de 3.907 €/mois pour une personne seule ; 8.407 €/mois pour une personne seule avec 2 enfants à charge).

Petite histoire d’un relogement raté et autres histoires de gâchis

M. et Mme A. ont été convoqués par une lettre recommandée au ton menaçant, à une « 3ème et dernière proposition de relogement ». Accompagnés de certains de leurs 5 enfants (ils ont un garçon et 4 filles), les parents ont pu visiter la maison de 4 chambres qui leur était proposée.
Ils ont eu la bonne idée de se faire accompagner de Philippe G. co-président de Deûl’air et membre de l’APU du Vieux Lille. En effet, 6 personnes les attendaient pour les convaincre d’accepter ce relogement : deux responsables de la Ville de Lille, deux employées de la META (une structure de relogement Vilogia/LMH) et deux de Vilogia ! On peut y voir un intérêt bienveillant pour le relogement de cette famille, ou… une forme de pression pour lui faire accepter une proposition inadaptée. Une heure à une heure et demie de présence pour chacune de ces six salariées, on peut aussi s’émerveiller des moyens financiers mis au service du relogement !!
Mme A. a indiqué attendre un sixième enfant et les parents ont logiquement refusé la proposition.
Aux Aviateurs comme ailleurs, les bailleurs sociaux démolissent des logements de grande taille, sans jamais en reconstruire… Les propositions de relogement pour les familles nombreuses sont, de ce fait, souvent inadaptées.

30 juin 2024

L’association Deul’air a tenu depuis plus d’un an une soixantaine de permanences pour accueillir les personnes des Aviateurs qui rencontrent des difficultés dans le cadre de leur relogement. Ci-dessous, quelques témoignages. Certains problèmes décrits ont été solutionnés après les interventions de Deül’air et Indecosa CGT, ils sont indiqués en orange

Lire la suite « Petite histoire d’un relogement raté et autres histoires de gâchis »

Bois Blancs, Marais , Mont à camp : Dépollution de nos sols !? Comment ça se passe ?

On le sait ; là où il y avait des usines : les sols sont pollués.

A l’occasion de projets immobiliers ou de projets d’espaces de nature sur ces anciens sites industriels, il y a des contraintes pour les maîtres d’ouvrage (MEL, villes, Soreli, Vilogia,…, promoteurs).

Sur la friche du Marais quai Hegel à Lomme (face à la gare d’eau) ; ce que l’on appris c’est qu’il va être mis un film plastique ( il y a des termes plus technique et plus précis), pour contenir la pollution.

Sur la friche Boschetti (la partie arrière) , là où va être créé un parc- réserve non accessible au public ( périmètre SEVESO // Usine Produits chimiques de Loos,ex Kuhlman), des travaux de nettoyage ont été effectués en 2023 et des études dites plan de gestion sont sans doute en cours.

Sur ce dernier site, par courrier resté lettre morte, nous avons suggéré à la MEL de profiter de ces travaux pour nous initier à la problématique des dépollutions.

En effet, vu l’importance du sujet, et vu le nombre de sites à dépolluer, un peu d’éducation populaire serait la bienvenue.

Outre de savoir ce qu il y a, comment « on répare »,…., est ce suffisant ? Quelles sont les précautions que chacun doit prendre…, il y a aussi un intérêt pour les métiers de la dépollution !

Bref ! Demandons à en savoir plus ! Aidez nous à en savoir plus en vous proposant pour mener cette action avec nous ! Il suffit d’être 3 ou 4 !

prochain article

Pollution de l’air : une proposition de Deûl’Air !

Ils veulent démolir, démolir avant tout !

Des locataires des Aviateurs sont récemment venus nous rencontrer lors de nos permanences du jeudi. Trois d’entre eux nous ont déclaré avoir effectué une demande de relogement en raison de leurs problèmes de santé. Deux locataires éprouvent en effet des difficultés à se déplacer. L’une d’elles a déposé sa première demande à LMH ! (donc avant janvier 2020) et elle avait déposé un dossier médical. Elle a renouvelé sa demande à Vilogia et n’a toujours pas de nouvelles. La seconde a elle aussi déposé un dossier médical, elle habite au 4è étage et ne peut presque plus quitter son logement. La troisième personne nous a expliqué que son épouse, enceinte de 7 mois et demi est hospitalisée pour des problèmes d’asthme. Ils vivent dans un logement pourri de moisissures avec une petite fille de deux ans, dans un deux pièces.

A leurs demandes de relogement la META répond qu’ils « ne sont pas prioritaires, car les barres dans lesquels ils habitent ne vont pas être détruites » et que pour l’instant la priorité est de vider la rue Coli de ses habitants.

Ainsi, rue Coli on déménage en priorité des locataires dont les logements sont habitables et on laisse des locataires dans un habitat à la limite de l’insalubrité pour un hiver de plus !!

Nous ne sommes pas les seuls à le dire, le Préfet du Nord, le dit aussi : « On démolit trop dans la MEL » ! (courrier ci-dessous) Ces logements que Vilogia, la MEL et la Mairie veulent détruire, ce sont des logements de catégorie PLAI (les logements aux loyers les plus accessibles aux locataires à faibles revenus) et quand ils reconstruisent ce qu’ils appellent des logement sociaux ce sont des logements de catégorie de loyers supérieure.

La Mairie de Lille présente un bilan flatteur de construction de logements sociaux, mais oublie de dire que ce sont les logements des plus pauvres que l’on détruit le plus et que ce sont ceux que l’on remplace le moins !

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