humidité, moisissures, le quotidien des locataires des Aviateurs
Ces photos ont été prises il y a moins d’un mois dans dix appartements encore habités, aux Aviateurs
Nous avons fait un porte à porte et rencontré environ un tiers des locataires en une dizaine de jours, voici ce qu’ils nous ont montré. Pire, certains nous ont montré leurs factures mensuelles. 400 € de gaz et électricité pour l’une d’entre elles, souvent plus de 250€ pour les autres, des factures de régularisations pouvant atteindre 650 et jusqu’à 900€, pour des températures ne dépassant souvent pas les 16°. Certains locataires n’osent plus chauffer du tout par peur des factures et « parce que ça ne sert à rien de chauffer la rue ! »
Alertés par Deûl’air, Vilogia admet le problème et promet des mesures prochaines. Nous suivons avec attention et chaque jeudi, nous continuons de tenir nos permanences hebdomadaires, même pendant les vacances scolaires.
2 chiffres à retenir qui poussent à réfléchir à la politique réelle du logement social (malgré les discours) actuellement menée à Lille/Hellemmes/Lomme : 82% et 17%.
Alors que 82% des demandes de logements sociaux correspondaient à des PLA-I entre 2017-2021, seuls 17% des logements livrés concernaient cette catégorie de logements accessibles à ceux qui ont les ressources les plus faibles !
N’oublions pas que le terme « logement social » recouvre de grandes disparités (par exemple, le plafond de ressources pour les PLI de l’agglomération lilloise est de 3.907 €/mois pour une personne seule ; 8.407 €/mois pour une personne seule avec 2 enfants à charge).
M. et Mme A. ont été convoqués par une lettre recommandée au ton menaçant, à une « 3ème et dernière proposition de relogement ». Accompagnés de certains de leurs 5 enfants (ils ont un garçon et 4 filles), les parents ont pu visiter la maison de 4 chambres qui leur était proposée. Ils ont eu la bonne idée de se faire accompagner de Philippe G. co-président de Deûl’air et membre de l’APU du Vieux Lille. En effet, 6 personnes les attendaient pour les convaincre d’accepter ce relogement : deux responsables de la Ville de Lille, deux employées de la META (une structure de relogement Vilogia/LMH) et deux de Vilogia ! On peut y voir un intérêt bienveillant pour le relogement de cette famille, ou… une forme de pression pour lui faire accepter une proposition inadaptée. Une heure à une heure et demie de présence pour chacune de ces six salariées, on peut aussi s’émerveiller des moyens financiers mis au service du relogement !! Mme A. a indiqué attendre un sixième enfant et les parents ont logiquement refusé la proposition. Aux Aviateurs comme ailleurs, les bailleurs sociaux démolissent des logements de grande taille, sans jamais en reconstruire… Les propositions de relogement pour les familles nombreuses sont, de ce fait, souvent inadaptées.
30 juin 2024
L’association Deul’air a tenu depuis plus d’un an une soixantaine de permanences pour accueillir les personnes des Aviateurs qui rencontrent des difficultés dans le cadre de leur relogement. Ci-dessous, quelques témoignages. Certains problèmes décrits ont été solutionnés après les interventions de Deül’air et Indecosa CGT, ils sont indiqués en orange
Par le mail du 9 avril et en nous invitant ce jour, vous nous indiquez : « Comme la directrice générale a pu vous l’indiquer lors de votre échange et dans son courrier (…) en réponse à votre interpellation, nous ne partageons pas votre revendication d’un moratoire sur les démolitions prévues dans le cadre de projets de renouvellement urbain. En effet, au moment où les 450 projets se déploient sur tout le territoire, cela reviendrait à retarder la transformation des quartiers et l’amélioration du cadre de vie des habitants… Pour autant, je partage votre volonté d’une politique de renouvellement urbain qui promeut la sobriété environnementale et la qualité architecturale des bâtiments, en associant les habitants tout au long du projet. » Et vous nous proposez de nous consulter, – pardon de nous auditionner – dans le cadre d’une mission sur le futur du renouvellement urbain (l’ANRU 3) : “la directrice générale reçoit ainsi de nombreux acteurs, qu’ils soient professionnels de la rénovation urbaine ou représentant les intérêts des habitants”. Aussi avons-nous décidé de faire la présente déclaration solennelle que nous rendrons publique auprès de la presse à la sortie de notre délégation :
Des locataires des Aviateurs sont récemment venus nous rencontrer lors de nos permanences du jeudi. Trois d’entre eux nous ont déclaré avoir effectué une demande de relogement en raison de leurs problèmes de santé. Deux locataires éprouvent en effet des difficultés à se déplacer. L’une d’elles a déposé sa première demande à LMH ! (donc avant janvier 2020) et elle avait déposé un dossier médical. Elle a renouvelé sa demande à Vilogia et n’a toujours pas de nouvelles. La seconde a elle aussi déposé un dossier médical, elle habite au 4è étage et ne peut presque plus quitter son logement. La troisième personne nous a expliqué que son épouse, enceinte de 7 mois et demi est hospitalisée pour des problèmes d’asthme. Ils vivent dans un logement pourri de moisissures avec une petite fille de deux ans, dans un deux pièces.
A leurs demandes de relogement la META répond qu’ils « ne sont pas prioritaires, car les barres dans lesquels ils habitent ne vont pas être détruites » et que pour l’instant la priorité est de vider la rue Coli de ses habitants.
Ainsi, rue Coli on déménage en priorité des locataires dont les logements sont habitables et on laisse des locataires dans un habitat à la limite de l’insalubrité pour un hiver de plus !!
Nous ne sommes pas les seuls à le dire, le Préfet du Nord, le dit aussi : « On démolit trop dans la MEL » ! (courrier ci-dessous) Ces logements que Vilogia, la MEL et la Mairie veulent détruire, ce sont des logements de catégorie PLAI (les logements aux loyers les plus accessibles aux locataires à faibles revenus) et quand ils reconstruisent ce qu’ils appellent des logement sociaux ce sont des logements de catégorie de loyers supérieure.
Ainsi, à LILLE, entre 2017 et 2021 alors que 82% des demandes de logements sont des PLAI, seuls 17% des logements livrés sont de cette catégorie (Chiffres fournis par les agences de la MEL Source : RPLS 2011, 2022 ; SNE 2023) A l’inverse, pour le PLI la plus haute catégorie de loyers, qui représente 1% de demandes, la part des logements fournis représente 18% !
La Mairie de Lille présente un bilan flatteur de construction de logements sociaux, mais oublie de dire que ce sont les logements des plus pauvres que l’on détruit le plus et que ce sont ceux que l’on remplace le moins !
Par décision de son Conseil d’Administration réuni le 21 novembre l’association DEÛL’AIR Lille (Cité des Aviateurs aux Bois Blancs) a décidé de se joindre à cet appelnational Non à la politique destructrice de l’ANRU ! Ce samedi 18 novembre, nous, collectifs, associations, habitants, militants, nous sommes réunis nationalement et avons décidé de constituer un regroupement national de Collectifs et associations issus de tout le territoire pour mettre fin à la politique actuelle et destructrice de l’ANRU. Nous invitons tous les collectifs, associations, habitants et militants d’accord avec notre appel à nous rejoindre. De 2004 à 2021, au travers du Programme National de Rénovation Urbaine (PNRU) puis du Nouveau Programme National de Renouvellement Urbain (NPNRU), l’ANRU a assujetti son financement à la démolition de 164 000 logements HLM pour n’en reconstruire que 142 000 avec moins de la moitié de HLM, 22 000 logements sociaux en moins et presque rien pour la réhabilitation de l’existant.
AVIATEURS : BILAN PROVISOIRE D’UNE BATAILLE DEÛL’AIR Propreté et entretien des bâtiments de la Cité des Aviateurs | Le Préfet a confirmé ce qu’il fallait être aveugle pour ne pas le voir : des immeubles détenus par Vilogia ne sont pas entretenus. Il a supprimé un abattement fiscal, équivalent de 2,2 millions d’euros (la Voix du Nord du 6 octobre dernier)
… dans sa direction lilloise mais ferait mieux de nettoyer et entretenir ses immeubles ! Nous croyons savoir que Madame la directrice de l’agence lilloise de Vilogia a quitté ses fonctions à la fin du mois d’octobre. Nous avions entamé un dialogue difficile avec elle, mais, il nous faut le dire, à son initiative. Nous avions ressenti le peu de moyens mis à sa disposition et les difficultés qu’elle éprouvait à tenir ses promesses d’amélioration de la propreté et de l’entretien des bâtiments de la cité des Aviateurs. Le Préfet du Nord a lui aussi, constaté le mauvais entretien des parties communes de certains immeubles du parc locatif et « puni » Vilogia (Voix du Nord du 7 octobre) de 2,2 millions d’euros. Après s’être appliquée cet été à reloger les adhérentes les plus connues de notre association, espérant sans doute faire taire les voix qui s’opposaient à sa politique, Vilogia joue à nouveau la carte du silence. Le quartier des Bois Blancs attend toujours des explications sur la nécessité de détruire des bâtiments qu’il faudrait réhabiliter et entretenir correctement. Les habitants des Aviateurs veulent être traités dignement et écoutés dans leurs souhaits de relogement Le remplaçant de Madame Barret aura décidément beaucoup de travail… et nous espérons qu’il aura la courtoisie de répondre à nos demandes de rencontres.