Marais, Mont-à-Camp et Lille-Canteleu : des territoires où les périodes de canicule sont plus difficiles à supporter qu’ailleurs !

Ci-dessous, un extrait de 2 cartes publiées sur le site de Mediapart (12 août 2023) dans un article intitulé « Inégalités climatiques : comment les riches accaparent les espaces verts ».¹

[1] https://www.mediapart.fr/journal/ecologie/120823/inegalites-climatiques-comment-les-riches-accaparent-les-espaces-verts

Bois Blancs et ses peupliers blancs, un patrimoine oublié ?

La balade à vélo du dimanche 13 juin 2026 nous a permis de découvrir ou redécouvrir des peupliers blancs qui ont très probablement donné le nom des Bois Blancs à l’un de nos quartiers.

Les Bois Blancs tiendraient leur nom de l’exploitation par le Moulin Dumon des peupliers blancs plantés le long de l’Arbonnoise, un «affluent» de la Deûle.
Les grumes étaient transportées (bois flotté) par le canal de la Digue vers le port Vauban.

Source BM Lille

Aujourd’hui le long de ce qu’on appelle maintenant le canal de la Deûle à grand gabarit, il reste 10 peupliers blancs.
Ils font partie de notre histoire.
Saurez-vous les repérer, les protéger ?

Le peuplier blanc à une écorce blanche pour partie et ses feuilles d’un joli vert changeant sont blanches et duveteuses à leur envers.

Nous avons repéré un premier groupe de 3 peupliers à hauteur du coude formé par la rue des Bois Blancs, non loin de la salle Youri Gagarine.
Ils penchent fortement vers l’eau.
Il semble que leurs branches aient été coupées essentiellement côté rue, sans doute pour ne pas gêner les voitures ? Maintenant que la rue est réservée aux piétons et cyclistes, on pourrait les aider à se redresser en faisant, dans un premier temps, une coupe plus équilibrée.

Le deuxième groupe de peupliers blancs se tient face au stade de football. Là aussi, ils sont 3. Mais ils se tiennent bien droit ; vous ne pouvez pas les rater !

Après avoir dépassé l’école de musique, un peu avant la petite montée derrière les Aviateurs, là aussi on trouve 3 peupliers blancs. Tout d’abord, à gauche du chemin, un peuplier renversé au sol qui semble ne pas vouloir mourir car il fait de nombreux surgeons. Et, à côté du deuxième, un troisième en cépée c’est-à-dire que son tronc démarre tout de suite par 3 branches majeures.

Enfin, un peu plus loin : le seigneur ! Il a une belle portance et en cette fin d’après midi… il prend tout le soleil.


Bois Blancs : Peupliers Blancs

« Votre carte est mensongère ! »

« Votre carte est mensongère ! »
(Propos de Monsieur le Maire de Lille, braderie des Bois Blancs, 8 mai 2026).

Non Monsieur le Maire, ce n’est pas en cassant le thermomètre qu’on fait tomber la fièvre…

Comme tous les 8 mai, était organisée la braderie des Bois-Blancs. Cette année encore, l’association Deûl’Air tenait un stand (juste à côté de nous, étaient installés nos amis de l’association PARC qui luttent pour l'(a)ménagement complet de la friche Saint Sauveur en espace de nature).
Ce fut globalement une agréable matinée : de bonnes périodes ensoleillées, beaucoup de monde, de nombreuses discussions enrichissantes…
Globalement une agréable matinée, mais pas entièrement ! En effet, lorsque l’équipe municipale de Lille est passée nous voir, Monsieur le Maire de Lille nous a accusés de présenter une « carte mensongère » quand nous lui avons rappelé que Santé publique France (organisme qui est sous la tutelle du Ministère de la santé) évalue à 107 le nombre de morts qui pourraient être évités chaque année si Lille et ses deux communes associées étaient suffisamment végétalisées (7,6 % de la mortalité).¹
Il s’agit d’une carte (accessible à tous par internet²) que nous avons élaborée avec d’autres associations de la métropole lilloise (Aut’Mel, Entrelianes, LM Oxygène…) qui permet de visualiser aisément les parties du territoire de Lille/Lomme/Hellemmes qui respectent, ou qui ne respectent pas, les préconisations de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) au niveau des espaces verts publics³ :
– accès à un espace vert public à moins de 300 m à pied,
– un minimum de 10 m² d’espaces verts publics par habitant.

La formule complète de Monsieur le maire était : « Votre carte est mensongère ! ». Ce qui revient à nous accuser d’avoir réalisé une carte déformant la réalité de manière volontaire (pour nuire à ses projets de bétonisation ?).
Quand nous lui avons ensuite rappelé que nous avons scrupuleusement pris en compte les critères de l’OMS qui définissent un espace vert public, il nous a rétorqué qu’il n’était pas d’accord avec ces critères de l’OMS en prenant, pour se justifier, l’exemple du quartier Pellevoisin où de nombreux habitants possèdent des maisons avec beaucoup de verdure.

De manière évidente, il n’a toujours pas compris le rôle et l’importance des espaces verts publics de proximité (il était pourtant présent à la conférence/débat du 15 janvier au cours de laquelle ce point avait été précisé).

Comme les jardins privés, les espaces verts publics de proximité limitent les îlots de chaleur et jouent un rôle bénéfique sur les sols, l’air et la biodiversité.
Mais en plus, ces lieux facilement accessibles (car étant des espaces gratuits et non marchands à moins de 5 minutes à pied) apportent des bénéfices supplémentaires fondamentaux sur la santé en favorisant les interactions sociales, les activités physiques de chacun, la restauration psychologique (rien qu’une promenade a des effets positifs importants)…

Notre carte met notamment en évidence le fait que trois quarts des Lillois, Lommois, Hellemmois – soit près de 180 000 personnes – ne bénéficient pas d’un accès suffisant aux espaces verts de proximité au regard des normes de l’OMS. De plus, 80% des espaces de nature (Citadelle, jardin Vauban) sont situés dans les quartiers les plus favorisés du Nord de la ville de Lille tandis que les quartiers plus populaires, déjà plus denses, en sont cruellement privés. Pour la zone Marais/Mont-à-Camp/Lille-Canteleu, quand tous les logements prévus aux abords du parc Rosa Bonheur seront construits, il manquera 10 hectares d’espaces verts publics (concernant Saint-Sauveur, il manque, selon les normes OMS, 21 hectares de nature de proximité pour les quartiers jouxtant la friche ; quant à la friche H2D/Quebecor située dans l’est Lillois, elle devrait être aménagée avec 150 logements au maximum et 4,5 hectares de parcs et non 610 logements et 1,2 hectare).

Faut-il rappeler les propos du président de l’Institut national du cancer (Pr. Norbert IFRAH) tenus dans l’ouvrage «  Espaces verts urbains » coordonné par le Réseau français des Villes-Santé de l’OMS ? « Proposer des environnements favorables à la santé et accessibles à tous […] contribue à réduire les inégalités sociales et territoriales de santé » et « promouvoir l’équité entre les populations vis-à-vis de la santé relève de la justice sociale […] ».³

[1] www.santepubliquefrance.fr/sites/default/files/rdd/document/790155_spf00005609-s1.pdf

[2] https://autmel.github.io/parcs-et-jardins/carte

[3] Organisation mondiale de la santé, OMS (2020). Espaces verts urbains, Réseau français des Villes-Santé. https://villes-sante.com/wp-content/uploads/2023/02/Espaces-verts-urbains.pdf

[4] Les plantations d’alignement et d’accompagnement, les terrains de sports, les jardins spécialisés tels les zoos, ainsi que les « forêts urbaines » ne font pas partie de ces 10 m² par habitant (page 47 du document [3]). Les cimetières non plus…

[5] 48 décès pourraient être évités chaque année à Lille/lomme/Hellemmes si les habitants de plus de 30 ans marchaient dix minutes de plus par jour (voir document [1])

Concours photo « Friches et délaissés, des espaces d’avenir »

Jusqu’au 30 septembre 2026, est ouvert un concours photo intitulé « Friches et délaissés, des espaces d’avenir ». Pour plus d’informations sur ce concours, voir le site internet du conseil d’architecture, d’urbanisme et d’environnement (CAUE) du Nord (qui fait partie des organisateurs) :

www.caue-nord.com/fr/portail/41/actualite/89723/friches-et-delaisses-des-espaces-davenir-concours-photo.html

Sur le site, on pourra lire par exemple :
« Longtemps perçues comme des « verrues », le regard sur ces espaces a récemment évolué et ils apparaissent davantage aujourd’hui comme un potentiel pour l’avenir de nos territoires. »
Ainsi que :
« Discrets ou ostentatoires, reconquis par la nature ou fraîchement « abandonnés », les friches et les délaissés portent en eux une certaine poésie, sinon une présence singulière que vous aurez plaisir à capturer et partager en participant à ce concours. »

Et si les friches et délaissés de Bois-Blancs/Marais/Mont-à-Camp, s’avéraient de réelles réserves de biodiversité et corrigeaient le déficit en parcs (contrairement à l’aménagement de la friche du Marais qui prévoit la construction de plus de 1.000 logements à terme) ?

Baisse attendue de la mortalité dans la métropole lilloise (MEL) en y améliorant l’environnement : quelques chiffres pour parler concrètement

Si toutes ces conditions relèvent d’actions diverses, un élément évident les relie : l’environnement dans lequel ces activités se développent.

Dans nos quartiers, lorsque des espaces verts incitent à marcher, avec un air plus sain, une température plus fraiche, une vue agréable, en somme, une expérience sensible, on bénéficie concrètement de ce qu’un environnement végétalisé peut offrir. Cela ouvre la possibilité d’une dynamique qui ne se limite pas à une logique quantitative de l’offre de logements, mais qui accorde une importance équivalente aux dimensions qualitatives liées aux espaces verts et aux espaces publics.

Les quartiers du Marais, Mont-à-Camp et Lille-Canteleu sont particulièrement concernés ; le déficit en espaces verts y étant très marqué, sans amélioration notable à ce jour. À l’échelle des communes de Lille, Lomme et Hellemmes, 107 vies pourraient être sauvées chaque année si ces communes étaient suffisamment végétalisées (7,6 % de la mortalité annuelle).³ De plus, 48 décès pourraient être évités chaque année si les habitants de plus de 30 ans marchaient dix minutes de plus par jour, et 81 décès supplémentaires pourraient être évités avec dix minutes de vélo quotidiennes.

[1] https://www.santepubliquefrance.fr/sites/default/files/rdd/document/790155_spf00005609.pdf

[2] https://www.lavoixdunord.fr/1530583/article/2024-12-05/espaces-verts-pollution-mobilites-actives-des-centaines-de-deces-peuvent-etre

[3] https://www.santepubliquefrance.fr/sites/default/files/rdd/document/790155_spf00005609-s1.pdf

“Offrir un bois aux Lommois” : un beau slogan pour cet ancien projet qui cachait, en réalité, une diminution de la verdure !

Saviez-vous que, dans les quartiers du Marais, Mont-à-Camp et Lille-Canteleu, il existe un déficit de 8 hectares d’espaces verts publics pour atteindre les recommandations de l’OMS pour notre santé (2026) ? Quand tous les logements prévus aux abords du parc Rosa Bonheur seront construits, le déficit sera, à nouveau, de 10 ha.

Dans les tiroirs de la mairie, un ancien projet envisageait la création de la Clairière de la Mémoire et de la Clairière des Jeux (le terrain actuellement situé « derrière la piscine »). Nous souhaitons attirer l’attention sur ce secteur.

Quelles sont les conditions prévues pour le nouveau projet envisagé ? La conservation des arbres existants sera-t-elle garantie ? Des structures seront-elles installées au milieu de ce bosquet, à l’image de celles du parc Rosa Bonheur ?

Sous couvert de créer des espaces « plus adaptés » à l’espace public, ces projets privilégient souvent des interventions immobilières et des aménagements thématisés, pensés pour apporter un supplément d’image, une illusion d’originalité, au détriment de la présence végétale. Les arbres y deviennent décoratifs (un ou deux pour l’esthétique) alors qu’ils constituent une entité essentielle, capable de réguler la chaleur grâce à l’effet « petite forêt ». Ce rôle pourrait disparaître au nom du confort urbain, au profit d’une nature strictement organisée et planifiée.

Nous vous invitons à suivre attentivement cette proposition et, surtout, à profiter de cet espace vert existant : s’y promener, y pratiquer une activité physique, prendre le temps d’observer la diversité et la densité des arbres. C’est en le fréquentant et en le valorisant au quotidien que l’on trouve la légitimité et la force de le protéger.

EPSON MFP image

Si de nouveaux logements sont nécessaires… Pourquoi les concentrer toujours dans les mêmes territoires ?

Alors qu’on construit frénétiquement dans nos quartiers sans répondre aux réels besoins en logements sociaux, certaines communes de la métropole lilloise voient leur population diminuer :

1401 habitants en moins à Lambersart, -548 à Croix, -453 à La Madeleine, -264 à Wasquehal, -157 à Bondues dans la période 2013-2023.

D’après l’Insee, l’ensemble des Hauts-de-France en perd aussi (avec des zones entières qui se vident non seulement de leurs habitants, mais aussi de leurs entreprises, leurs services publics, leurs richesses…).

Il est urgent de ménager nos quartiers en mettant fin à cette politique de « métropolisation » et retrouvant un réel aménagement du territoire à l’échelle régionale, voire nationale.

« La métropolisation a appauvri les gens depuis 30 à 40 ans »
Patrice VERGRIETE (maire de Dunkerque) dans La Voix du Nord du 19/03/2024

« L’excès de métropolisation fragilise la démocratie »
« En France, 81% de la croissance est captée par les 15 plus grandes métropoles alors que dans l’ensemble de l’Europe, ce chiffre est de 51% »

Paul HERMELIN (ancien pdg de l’entreprise du CAC40 Capgemini) dans L’Express du 17/11/2022

« La « démétropolisation » permett[rait] de décongestionner les grandes villes, en travaillant sur la « répartition des entreprises » sur le territoire ou en aidant les petits villages à bâtir du logement à loyer modéré »
Fabien ROUSSEL (secrétaire national du PCF) dans Le Monde du 13/03/2022

Baisse attendue de la mortalité dans différents territoires de la MEL

358 décès seraient évités chaque année si la métropole lilloise était suffisamment végétalisée (source : Santé publique France, 2024).¹

Plus du tiers de ces vies qui pourraient être sauvées concerne les communes associées de Lille, Lomme et Hellemmes.²

Marais, Mont-à-Camp et Lille-Canteleu font partie des quartiers les plus concernés car le déficit en espaces verts y est catastrophique.³ Et pas d’amélioration en vue !

Il y manquera, à nouveau, 10 ha d’espaces verts publics (selon les critères de l’OMS⁴) quand tous les logements prévus aux abords du parc Rosa Bonheur seront construits.

Par ailleurs, avec l’actuel projet immobilier Aviateurs/Pointe des Bois Blancs, le nombre de m² par habitant d’espaces verts publics de l’« île » des Bois Blancs serait même réduit…

Une urbanisation favorable à la santé ne doit pas être réservée aux quartiers les plus riches de la métropole mieux lotis en espaces de nature !

[1] https://www.santepubliquefrance.fr/sites/default/files/rdd/document/790155_spf00005609.pdf

[2] https://www.santepubliquefrance.fr/sites/default/files/rdd/document/790155_spf00005609-s1.pdf

[3] https://autmel.github.io/parcs-et-jardins/carte

[4] Organisation mondiale de la santé, OMS (2020). Espaces verts urbains, Réseau français des Villes-Santé (page 47). https://villes-sante.com/wp-content/uploads/2023/02/Espaces-verts-urbains.pdf

Plus de nature dans nos quartiers, c’est indispensable pour notre santé… et c’est possible !

Les espaces verts ont des effets bénéfiques sur la santé : santé globale, santé mentale, indice de masse corporelle, poids à la naissance, développement comportemental de l’enfant… Notamment, parce que les espaces verts favorisent la lutte contre les ilots de chaleur urbains, la préservation des sols, de l’air et de la biodiversité, la pratique d’une activité physique, les interactions sociales, la restauration psychologique… (Source : Espaces verts urbains, Réseau français des Villes-Santé, OMS (2020)).

Il a encore fait très chaud cet été 2025 dans nos quartiers… Aménageons la presqu’île Boschetti !

Cartographie de lieux où trouver de la fraîcheur dans le périmètre Deûl’Air (en jaune) (Source MEL)

La carte recense 19 points de fraîcheur sur les quartiers de Mont-à-Camp et Marais qui sont donc bien moins pourvus que le quartier de Bois Blancs qui en compte 16 à lui seul.

Cela met en évidence le besoin crucial d’espaces verts de grande qualité dans Mont-à-Camp et Marais. Un lieu qui corrigerait – en partie – ce déficit est l’espace situé autour de la Gare d’eau, en particulier la presqu’île Boschetti du Marais de Lomme.

Voici, de manière schématique, un aménagement envisageable pour le secteur :

Îlot Boschetti vu du Quai Hegel

La préservation de Boschetti représente un enjeu majeur : cette presqu’île pourrait être une porte d’entrée remarquable pour l’ensemble de nos trois quartiers, un espace naturel de plus de 30 hectares, en lien direct avec la Citadelle et le parc urbain de Lomme.

Or, à l’heure actuelle, le Plan Local d’Urbanisme (PLU) autorise la construction de 30.000 m² sur cette zone ; ce qui paraît totalement aberrant au regard de l’urgence écologique et des besoins de nature en ville.

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